Théâtre de Nîmes
Quartier Libre continue son aventure avec un concert du quintet PLEIADE


Hier, nous sommes allées au SPOT.

Le SPOT est une salle d’exposition. Nous avons écouté de la musique classique française et espagnole. La musique classique on l’écoute à l’Opéra d’habitude. Elle se joue avec des violons, des violoncelles, des pianos, des saxophones, des flûtes,…
Hier, cinq femmes jouaient du violoncelle et du violon, c’était magnifique !
Nous avons passé une bonne fin d’après-midi, c’est la première fois que nous avons entendu de la musique classique jouée par des musiciens.

Habiba, Rosamaria, Khaddouj, Amina et Keltoum aidées par Toirat, Zoura, Oyun et Thi Hoa

Swan Lake, Dada Masilo et la Dance Factory

Nous sommes allées voir un spectacle qui s’appelle “Swan Lake”. Ce spectacle a été crée par une chorégraphe Sud Africaine; Dada Masilo.
Elle reprend le célèbre ballet “Le Lac des Cygnes” du compositeur Tchaïkoswki. Tous les danseurs, hommes et femmes dansent avec un tutu sans discrimination.

On y voit une histoire d’amour entre deux hommes. Ils nous montrent qu’en Afrique du Sud l’homosexualité est interdite. Sa famille n’est pas du tout d’accord avec lui, il y avait un mariage arrangé mais il a refusé.
A la fin du spectacle, on voit qu’ils portent une jupe noire et qu’ils sont torses nus. 


C’était très rigolo de voir des hommes porter des tutus et danser comme des femmes. Nous avons aimé ce spectacle parce que c’est un mélange de danse classique, contemporaine et africaine et nous ne sommes pas habitués à voir ça.

Waranya, Soumia, Rose, Sandra, Odeta, Angelica, Nouriya, Ana, Rasa, Sangi, Marilen et Khadeja

Festival Flamenco : Soirée Estrémadure au Théâtre ! Ecoles de danse, associations, Maison relais… de nombreux groupes ont assisté à cette soirée. Rose et Waranya de l’association Quartier Libre (action collective d’insertion), nous donnent leurs impressions.

Mercredi dernier, je suis allée au théâtre de Nîmes pour voir un spectacle de flamenco qui s’appelle « Soirée Estrémadure ». Le spectacle est présenté par la famille de Porrina de Badajoz pour rendre hommage au chanteur espagnol. Sur cette pièce il ya une petite scène où on peut voir une chaise, une veste, les lunettes, et un œillet en mémoire de Porrina. Les chanteurs ont chanté avec l’émotion, l’expression du visage et ont tapé des mains en chantant. Dans le spectacle il ya 2 instruments : la guitare et le cajon, avec lesquels ils font une rythmique particulière. Ils ont finit le spectacle avec la danse de flamenco, je n’ai pas compris la chanson espagnol mais ils m’ont laissé un joli souvenir. C’est une belle culture espagnole. C’était une soirée impressionnante.
Waranya LEROY

Le spectacle flamenco c’est une pièce familiale qui rend hommage à Porrina de Badajoz. Il nous montre une veste et des lunettes appartenant à Porrina. La chanteuse chante très bien même si je ne comprends pas, et les guitaristes jouent très bien. Je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de danse. La tristesse c’est que les jeunes filles ne dansent pas. J’ai été surprise pars la danse de cet homme âgé et je trouve que sa cravate était rigolote à cause des couleurs.
Rose LOLO

L’association Quartier Libre revient sur le spectacle Planète du collectif Les Possédés (texte Evgueni Grichkovets) et sur l’atelier théâtre animé par Marie-Hélène Roig.

"Planète" d’Evgueni Grichkovets est une pièce très insolite; un homme, qui pourrait être n’importe qui, flâne ça et là dans les rues, et observe le nez en l’air les gens vivre dans leurs appartements. Il s’arrête alors sur une femme qui évolue dans son logement et lui vient alors l’idée que ce pourrait être LA femme de sa vie…

Cette pièce a ensuite été retravaillée dans les ateliers, les femmes ont chacune écrit un petit texte. En voici quelques extraits :

"C’est l’histoire de l’amour imaginaire. la femme reste dans son appartement et parle beaucoup par téléphone et l’homme observe dans les rues et la voit par la fenêtre. Cet homme cherche une femme idéale." Elvira

"Dans cette pièce, l’homme parle de la recherche de l’amour. Il se sent seul sans amour dans ce monde." Rasa

"L’homme cherche l’amour, il veut trouver la femme de ses rêves, une femme idéale." Lydia

"Il est dans les rues et voit par la fenêtre une femme et raconte "Qu’est-ce que c’est être amoureux?" " Sangi

"Dans la rue, il y a un homme qui espère être amoureux." Marilène

"Il a un idéal de femme mais ne le trouve pas. Derrière cet homme il y a une femme qui fait sa vie dans son appartement. Elle sort pour faire la fête et elle parle au téléphone avec son chéri mais je crois qu’elle n’est pas amoureuse de lui." Sandra

"Son, espoir est de trouver l’amour qui lui corresponde. Il imagine que la femme qu’il voit par la fenêtre est la femme de sa vie." Rose

Cette pièce aurait pu être difficile d’accès pour qui ne parle pas couramment le français, mais la mise en scène, la scénographie et le jeu des acteurs rendaient la compréhension beaucoup plus aisée. Le lendemain, les participantes ont eu le privilège de rencontrer Marie-Hélène Roig, l’actrice qui joue la femme dans la pièce, et ont pu débattre avec elle. Marie-Hélène Roig leur a ensuite proposé de monter sur la scène pour se mouvoir dans le décor et d’improviser une scénette. Passé un instant de timidité, elles sont montées tour à tour et ont offert un moment rare aux autres. Notamment Sangi qui, en chantant une chanson en mongol, a ému ses spectateurs d’un jour.

Ce fut un moment riche en partage et en découvertes sur le monde du théâtre.

Samir Achaabany, Dans mes cordes // Brahim Bouchelaghem, Zahrbat

" Nous sommes allées au Théâtre de Nîmes le 15 octobre à 20h00 pour voir la représentation de Hip-hop. Il se compose de deux spectacles différents. Dans le premier, Samir présente sa création, « Dans mes cordes » et dans le deuxième, « Zahrbat », Brahim montre l’addiction de son père pour le jeu.

Samir danse pour montrer sa lutte contre une maladie qui s’appelle l’épilepsie. Pour raconter l’histoire de sa maladie, il danse le Hip-hop.
Cet homme fait une danse pour libérer le mal qui est en lui.
Quand Samir sent que la crise arrive son esprit dit stop.
Son rêve est de se construire une nouvelle vie.

Dans le spectacle de Brahim, il danse pour rendre hommage à son père. Il nous montre l’obsession du jeu de cartes. L’image de la cigarette qui se consume représente la vie de son père. Le danseur enlève sa chemise, son gilet et son béret pour nous montrer que son père a tout perdu. 

Hayat, Dagman, Sangi, Luz, Nouriya, Ana, Sandra, Lidya, Waranya, Rose, Angelica, Rasa, Elvira, Odeta - Action collective, Quartier Libre

Ballake Sissoko et Vincent Segal // 19 avril 2013

Deux musiciens nous envoûtent durant une heure trente, par l’intermédiaire d’une musique aux accents ethniques et variés.

Les influences maliennes, bretonnes, asiatiques, orientales nous entraînent dans un voyage musical qui nous fait oublier nos soucis l’espace d’un instant.

A réécouter et revoir pour des soirées inoubliables…

Le groupe ComVal C’FAIRE de St Quentin La Poterie/Uzès

Nadia Beugré - Quartiers libres

Quartiers libres - 20 avril 2013 - Odéon Nîmes

Parce qu’il interroge les territoires inaccessibles aux femmes, le spectacle crée par Nadia Beugré et Boris Hennion passe minutieusement au scalpel l’origine même de cette opprobre.

La rigueur avec laquelle sont pratiquées ces incisions n’exclut cependant pas la violence et la stridence de l’acte lui-même. C’est donc la question du corps et de ses représentations qui est abordée tout au long de Quartiers libres. Enjeu d’une idéologie politique, le corps dansé fait résonner un chant intérieur ; chant primitif, venu des profondeurs des terres africaines, qui examine les possibilités de circulations et de propagations d’un lieu à un autre.

L’exploration de ces espaces frappés par un anathème constitue donc le thème de Quartiers libres. Rehaussée par la dramaturgie sans faille de Boris Hennion, l’interprétation de Nadia Beugré, chorégraphe et interprète, donne ainsi à voir notre réaction face à des espaces de réclusion, d’asservissement, d’abandon ou d’expression.

Très vite, le solo prend les allures d’un duo entre le corps et les accessoires qui l’animent - un sac poubelle et des bouteilles plastiques - si bien que corps et déchets fusionnent jusqu’à absorption.

Tous les éléments dramaturgiques convergent pour souligner cette étrange osmose, une manière à la fois intangible et ostensible de faire résonner la quête d’une femme déterminée à reconquérir la puissance qui lui est due tout en (re)donnant sens au monde environnant. Certaines images scéniques stigmatisent cette volonté de reconquête, notamment lorsque après avoir enfoncé lentement le sac plastique dans sa bouche, la soliste le régurgite ensuite difficilement avec un long cri silencieux. En témoigne également l’utilisation concédée aux bouteilles vides qui, d’abord matière à une dérisoire couronne, se transforment un sarcophage de plastique dans lequel la danseuse parvient, non sans peine, à entrer en titubant. A bout de souffle, elle émerge alors, grotesque et triomphante de ce costume. En travaillant sur les notions de contenant/contenu, cette chrysalide témoigne de leur caractère risible.

Sans relâche, l’artiste ivoirienne martèle une même exigence de transmission entre les artistes et le territoire jusqu’à casser les frontières entre la scène et la salle. Le temps d’une immersion dans le public, elle se libère de la scène. Comme une inspiration profonde, comme pour reprendre son souffle avant de s’enfoncer à nouveau corps et âme en terre interdite. Au cours de ces incursions, les outils de sa performance - le long câble inutile de son micro dans lequel elle s’empêtre - continuent cependant à entraver sa liberté de mouvements.

Elle sollicite alors l’aide d’un spectateur, en vain ; le fil résiste et la relie inexorablement à la scène. Mais déjà le désir irrépressible d’expression la fait rebondir sur scène, fauve impatient de retourner sonder le vide qui le retient à sa cage. De retour sur son terrain de jeu, la danseuse a enfin quartier libre. Reste à assumer ce désir. Ce désir fou d’expression
La pugnacité de ce corps à corps avec un monde qui le menace réside aussi dans l’exhibition lucide de la certitude de son échec. Face à la cruauté de cette lutte perdue d’avance, on hésite entre sidération et asphyxie. On observe, sans ciller, ces espaces où l’on impose une réclusion et/où on fait le choix d’errer. Et on tremble.

Solo dédié à la revendication de l’espace vital, Quartiers libres incarne un questionnement induit par les possibilités que le mouvement concède au corps. Pareil postulat fait jaillir un discours sans concession sur la nécessité de transgression des frontières. Dans les « quartiers libres » qu’elle s’octroie, Nadia Beugré élabore ainsi une géométrie complexe, tout de bruit et de fureur. Un combat sans merci orchestré par un univers sonore tantôt despotique, tantôt hypnotique. Soutenue par une énergie qui jamais ne la trahit, cette tentative hallucinée est celle d’une artiste qui entend se mettre au monde dans un monde prêt à l’ensevelir.

Sans retenue ni faux fard, elle se livre toute entière à ce solo performatif, martial, qui nous renvoie à un sens commun à tous, celui d’une liberté d’action. Si, à l’origine, ce terme désigne une autorisation de sortie, l’interprète pousse cette signification à l’extrême à travers les extrémités du corps lui-même. La chorégraphie intègre ainsi le besoin d’incorporer l’environnement, d’en faire un élément suffisamment patent pour s’en détacher, de l’ingurgiter pour mieux le recracher. Féministe, résolument engagée dans son combat pour l’émancipation, Nadia Beugré danse sa propre histoire. Face aux vides auxquels elle se confronte, elle fait se résorber, le temps d’un mouvement, cette histoire toute de chair, de sueur, d’os et de terre. 
Eléonore, prof de lettres

“Bien souvent les femmes se retrouvent marginalisées
parce qu’elles se sont elles-mêmes laissé exclure de la vie sociale. Elles doivent apprendre à ne pas se laisser piétiner
et à être libres de leurs mouvements et de leur propre corps”

Nadia Beugré

Révolution - Olivier Dubois - mars 2013

Un plateau noir, transpercé verticalement par douze barres de métal. Barres de pole dance, ou barreaux de prison, avivant déjà la curiosité du spectateur. La lumière s’éteint sur douze femmes qui entrent en scène, fendant fièrement l’espace de leur entière présence. Élégantes de sobriété, habillées simplement de noir ; jupe, pantalon, une ouverture dévoilant le dos, ou une pointe de dentelle qui s’oublie sur les épaules. Dans un silence suspendu, la main droite se pose délicatement sur la barre, chacune la leur, dans un ensemble parfait. L’ostinato du Boléro de Ravel se fait entendre. Et la longue marche démarre, dans une boucle entêtante, aux limites du supportable. 

Un calme mécanique s’empare des danseuses obstinées, leurs visages inflexibles invitant le spectateur à les accompagner dans cette résistance. Aucune de ces femmes ne cédera, nous le savons, et de savoir cela oblige chacun à prendre une décision : se dissiper, s’ennuyer de ces tours infinis allant contre la course du temps imposée par le temps, sortir du théâtre… Ou accepter. Ne pas renoncer, rester dans cette salle colorée d’un parfum qui touche au sacré, rentrer dans la transe avec elles. Choisir de tenir, mâchoires serrées et regards tendus, nous avons le temps – enfin… – de rencontrer chacune d’entre elles, pendant ces vingt interminables minutes où elles marchent autour de cette barre qui prend dès lors un autre sens ; en prise avec leur destin, dans une perpétuelle révolution, accrochées à ce qui les contraint tout en les sublimant, elles dégagent une aura fascinante. Espoir mensonger : on sent qu’elles tourneront éternellement dans ce boléro infini, que rien n’arrêtera ces volontés d’acier, qu’elles ne peuvent pas – ne doivent surtout pas – cesser de marcher ; on sait pourtant qu’elles s’épuiseront, qu’elles se dirigent inlassablement vers la rupture, le point d’épuisement du corps et de l’âme. 

Peu à peu, mêlant l’être et le temps, la marche se transforme ; des individualités se détachent par instants de ce mouvement collectif, avant d’être rattrapées par une force déferlante qui nous dépasse. Chacune est la masse, mais chacune est une. Les muscles se tendent imperceptiblement, les veines apparaissent, une goutte d’étourdissement qui coule sur la peau, un nerf qui bat dans un cou. Et la musique lancinante, nauséeuse, dans une puissante et lente ascension. Nous sommes aspirés dans ce vertige, celui de leurs gestes essoufflés par la spirale infernale, de leur souffle de vie pour une résistance à corps perdu. Elles s’agitent, se débattent, les corps exaltés se prennent le métal qui ne flanche pas, tentent de s’en détacher, avant d’y revenir avec une énergie qui semble vouloir les propulser au travers, inexorablement aimantés. Les traits se creusent sur les visages de plus en plus livides, indifférents aux cheveux qui s’y collent, et, parfois, un discret sourire victorieux s’esquisse, et un râle qui s’échappe, et cette course folle ne cesse de s’intensifier, reflet des frissons harassés qui nous envahissent. Elles ne lâcheront rien ; nous ne céderons pas. Quelque part entre le diaphragme et le sternum, nous sommes percutés par l’état de grâce du total engagement de ces corps en fusion, et, face aux vibrations de ces femmes transcendées, un cri viscéral, sourd et immémorial, tente de percer la membrane du présent en nous remuant les entrailles, comme le hurlement sombre et silencieux d’une humanité révoltée. 

Au paroxysme de la tension, la musique hypnotique explose, enfin, le mouvement se brise brusquement dans le silence saccadé. Ne reste que le souffle de ces corps gémissants d’épuisement, le soupir de l’inexprimable qui nous effleure un instant, et ces douze femmes, illuminées, fières et belles face à leurs lances d’acier. L’instant s’étire d’un dernier renoncement contre l’écroulement. Elles ont marché, vécu, devant nos yeux. Elles ont dansé dans une lutte enragée. Elles ont tenu. A présent, à nous de nous lever.

Izia, étudiante en lettres, danseuse.